"12 hommes en colère"

 

Aux Etats-Unis, douze hommes sont réunis pour délibérer après un procès afin de décider si l’accusé, un jeune homme de 16 ans, doit être condamné à la chaise électrique pour avoir tué son père, qui le frappait. A priori, tous semblent d’accord… Tous, sauf un ! Or, c’est à l’unanimité que le jury doit rendre sa décision. Alors que chacun avait envie de passer rapidement à autre chose, d’oublier cet épisode de leur vie en condamnant peut-être un innocent, tout va être remis en cause. C’est à ce questionnement sur la vérité que « 12 Hommes en colère » nous expose.

 

Certains connaissaient peut-être le chef d’œuvre du dramaturge américain Reginald Rose écrit en 1953 et adapté au cinéma par Sydney Lumet en 1957. Repris plusieurs fois au théâtre, c’est à une nouvelle adaptation de Francis Lombrail mise en scène par Charles Tordjman que nous assistons au Théâtre Hébertot.

 

La scène s’ouvre sur ces douze hommes disposés dans une pièce dont les portes ont été fermées pour les besoins d’une délibération à huis clos. On ne connaît pas les prénoms des protagonistes. On apprend au fur et à mesure de la pièce à les découvrir par leurs actions, leurs paroles ou leur raisonnement car le propos n’est pas de savoir qui ils sont mais ce qu’ils pensent. Ne dit-on pas que nous sommes ce que nous faisons ?

 

Au début, seul un personnage semble perdu dans le doute, ce qu’il exprime en restant plus longtemps dos au public, les yeux vers le ciel par l’unique fenêtre de la salle. Cette histoire met en lumière la force d’oser exprimer son désaccord face à un groupe entier, de ne pas se rallier à une cause uniquement parce qu’elle représente l’avis général mais que la parole d’un seul peut bouleverser tout un ensemble et peut-être même, comme ici, le cours entier d’une vie.

 

Cette pièce interroge également sur la façon dont la justice est rendue. Les preuves en sont-elles réellement ? N’a-t-on pas laissé de côté des éléments qui auraient pu être capitaux pour innocenter l’accusé ? Tout a-t-il vraiment été dit lors du procès ? Ce qui semblait si évident au départ l’est-il toujours après réflexion ? Les personnages débattent à coup de désaccords, de heurts, de préjugés. Chacun apporte sa pierre à l’édifice de la Vérité, leurs différences faisant leur force.  

 

Les décors sont épurés, les costumes simples. La mise en scène donne la part belle à des comédiens brillants au service du texte. Le spectateur se crée son avis tout au long de la pièce et vibre avec les personnages comme pour essayer de convaincre les plus récalcitrants. On se passionne, on attend les différents indices, les objections. On voudrait nous aussi pouvoir voter pour acquitter ce jeune homme dont on ne verra jamais le visage.

 

« 12 Hommes en colère » est une pièce efficace qui pousse le spectateur à réfléchir. N’hésitez pas à vous y rendre afin de découvrir si l’acquittement ou la condamnation gagne…

 

Jusqu’au 7 janvier 2018

au Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 PARIS

http://theatrehebertot.com/12-hommes-colere

Durée : 1h20

Tarifs : de 22€ à 42€

 

Article : Audrey

27/10/2017

audrey@laruedubac.fr

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