Moby Porcelain Enchantant

 

Celui qui n’a pas en tête une mélodie du plus célèbre des DJ New Yorkais n’a probablement pas entendu de musique pendant les dernières décennies. Mais si Moby était à Paris le 30 mai 2016, ce n’était pas pour sa musique mais pour son livre, son premier roman autobiographique disponible prochainement chez Seuil.

 

 

Moby, New Yorkais né un 11 septembre, yogi et vegan n’a rien à voir avec les « stars » américaines. « Je ne fais pas de tourner car, je préfère rester chez moi à faire du yoga et je préfère dormir dans mon lit » dit-il. « C’est un véritable problème pour mon manager car, en 2016, sauf si tu t’appelles Taylor Swift, tu ne fais pas d’argent en vendant des disques. Les artistes gagnent de l’argent en faisant des tournées, mais je préfère sincèrement rester chez moi et faire du yoga ». Et même s’il vient présenter un livre, il reste proche de la musique : « Il y a un mois, j’ai sorti un album de musique calme. Je l’ai fait pour moi, pour faire mon yoga ; ça dure quatre heures et c’est disponible gratuitement. Je vais faire un autre album en septembre et peut-être que des gens l’écouteront ». Il ne fait aucun doute que cet album sera écouté car, les fans de Moby sont très nombreux et pour cause, ils sont sa priorité. Il n’hésitera pas à annuler une interview avec un grand média mais, jamais il ne manquera un rendez-vous avec ses fans et la rencontre avec les fans étaient sans nul doute, la véritable raison de sa présence au forum de la FNAC St Lazare.

Celui qui avait vendu seulement deux cents exemplaires de son premier disque, quand il était encore au lycée et faisait partie d’un groupe punk «  On pensait qu’on était les plus grandes stars du monde parce que nous avions vendus deux cents copies du disque » et qui depuis a vendu des millions et des millions de copies de ses albums, restent très terre à terre et humble. Maintenant qu’il habite L.A. («  Un jour, j’ai compris qu’il y avait aux USA des endroits qui n’était pas froid et sombre et que je devais vivre dans un de ses endroits. Los Angeles est chaud t bizarre et puis, je ne bois plus et New York est un endroit merveilleux pour être saoul et un endroit horrible pour être sobre »)  et qu’il est écrivain, l’idée d’une adaptation de son livre sur les écrans vient forcément aux esprits : « A L.A, si tu traces deux lignes sur une serviette, il y a des chances que quelqu’un veuille en faire un film. Alors, oui, on m’a proposé de l’adapter mais, j’y crois pas ». Puis, il ajoute sur le ton de l’humour « Qui pourrait me jouer ? Peut-être Elijah Wood, s’il se rase la tête. »

Mais comment Moby est passé de DJ-musicien à écrivain ? D’abord, il est important de préciser qu’il était aussi parolier alors, il n’a pas pris la plume pour la première fois avec « Porcelain » : « Les raisons qui ont fait que j’ai écrit ce mémoire c’est parce que je suis vieux et que j’ai grandi dans une maison littéraire. J’ai dès l’enfance était fasciné par les livres et la musique ». Puis, il ajoute, une fois de plus avec son grand sens de l’humour légèrement sarcastique : « Je pensais que seuls les vieux politiciens, les athlètes ou les ratés de la télé réalité le faisait » mais, en l’écoutant, on réalise qu’il a vraiment l’âme d’un écrivain : « C’était triste quand l’écriture du livre s’est terminée. C’est sympa que les gens achètent mon livre mais, moi, ce que j’ai aimé c’est l’écrire » D’ailleurs, il pense déjà au tome 2 « Quand je pense aux musiciens qui ont eu du succès, je n’arrive pas à trouver une seule personne que le succès a rendu plus heureuse. John Lennon, Amy Winehouse, Curt Cobain. Le succès à tendance à rendre malheureux. Le livre 2 sera sur les côtés noirs du succès. »

Celui qui pensait passer toute sa « vie à enseigner la philo dans les lycées publics de New-York » et qui faisait « de la musique pendant son temps libre » n’a pas écrit son livre pour satisfaire son égo comme il l’a si bien dit « D’abord, New York devait être aussi important que moi, ensuite, je pense que – quand tu écris un mémoire- tu dois t’utiliser à des fins plus grandes ; le but étant de révéler la condition humaine. Je préfère utiliser mon expérience pour révéler la condition humaine et non pour mon égo. Quand on écrit on gagne de l’objectivité sur soi-même. J’écris ce sur petit garçon apeuré, moi, je sais que tout va bien aller pour lui mais, lui ne le sait pas. Tout le monde devrait écrire pour apprendre à mieux se connaître »

Moby qui a commencé sa carrière grâce à une K7 déposé dans un club : « Un jour, j’ai déposé une K7 dans un club New-Yorkais et, ils se sont tous moqués de moi mais, le mec qui engageait les DJ, c’est demandé pourquoi j’étais le seul à avoir déposé une K7 et puisque j’étais le seul, j’ai été engagé. S’était un club incroyable ou tout et tout le monde se mélangeait : gays, lesbiennes, hétéros, reggae, électro… » et qui a commencé la rencontre par une question « Y a-t-il un jour en France où vous ne faites pas la grève ? » après nous avoir remercié d’être venu sous un Paris pluvieux, est sans nul doute l’une des personnes les plus intelligentes au monde, ponctuel mais, exigeant son thé vert bio, drôle et sarcastique ;  avec l’écriture, il semble bien prêt à embrasser une nouvelle voie remplie de succès et la bonne nouvelle – pour lui – c’est qu’en écrivant, il peut le faire dans son lit, après avoir fait du yoga.

Avant de signer des autographes personnalisés à chacun de ses fans « Il prendra le temps qu’il faut car, il refuse qu’une personne reparte frustée » nous confiera son attaché de presse, Moby a ajouté « J’aime Paris, c’est une ville très jolie. J’ai vécu ici en 1997 car, j’avais une petite amie française. Nous habitions près des Invalides. C’est cliché mais, c’est la plus belle ville d’Europe. Paris, Rome et Istanbul sont mes trois villes préférés ».

 

Article et photo : Aurélie

31/05/2016

aurelie@laruedubac.fr