Chicago

 

 

5, 6, 7, 8… Une lumière sur la scène éclaire un tabouret, le rideau se lève sur un orchestre de Jazz et, par la magie du spectacle musical, vous voilà transportés dans le Chicago des années 20. Roxie Hart (Carien Keizer) vient de tuer son amant. Elle se retrouve en prison face à la star des criminelles, Velma Kelly (Sofia Essaïdi). Une course à la popularité va se créer entre elles, alimentée par un avocat en quête de sensationnel, Billy Flynn (Jean-Luc Guizonne)…

 

Après le succès de « Grease » l’an dernier, c’est « Chicago », le célèbre musical de Broadway, immortalisé par le film oscarisé de Rob Marshall en 2002, qui s’installe au Théâtre Mogador cette saison. Comme toute production de Stage Entertainment, il s’agit d’un événement pour le public parisien et nous ne pouvions pas manquer cette soirée de gala.

 

Parlons tout d’abord du casting.

Carien Keizer connaît parfaitement le rôle de Roxie puisqu’elle l’a interprété en Allemagne. Elle apporte donc son expérience à toute la troupe, jouant une Roxie sexy et espiègle, le tout dans un français excellent, un léger accent ajoutant un peu de charme à son personnage.

Sofia Essaïdi est bluffante en Velma. La jeune étudiante de la « Star Academy » a bien grandi et prouve qu’elle a tout à fait sa place dans cette production où elle excelle par sa classe, ses talents de danseuse et son côté pétillant.

Jean-Luc Guizonne, qui retrouve Mogador après le « Roi Lion » il y a quelques années, incarne un Billy Flynn tout en charme et en prestance. Désormais habitué des comédies musicales, il capte l’attention du spectateur sans en faire trop, tout en mesure et séduction.

On pourra aussi noter la performance de Sandrine Seubille en Mama éblouissante, V. Petersen qui nous présente une Mary Sunshine surprenante et une mention spéciale pour Pierre Samuel, très touchant dans son rôle d’Amos.

« Chicago » laisse la part belle à l’ensemble qui a un véritable rôle dans la pièce, jouant des personnages ou interprétant les magnifiques chorégraphies d’Ann Reinking.

 

La mise en scène (de Bob Fosse, Walter Bobbie, Tania Nardini et Véronique Bandelier) ne comporte aucun décor à part quelques chaises et la grande structure de l’orchestre (ainsi mis en valeur et c’est tant mieux, surtout lorsque tant de spectacles jouent avec des bandes son). Tout se passe dans les jeux de lumières, les effets d’ombres pour symboliser les barreaux de la prison ou le parloir, les plumes pour les danseuses autour de Billy… Pour autant, cela ne manque pas, bien au contraire. Les acteurs, les chorégraphies et la scénographie nous emportent (nous transportent ?) dans cette histoire et on ne sait vite plus où donner de la tête. Les costumes de William Ivey Long sont à la hauteur de l’histoire : sexy, classe et chic.

Certains pourraient déplorer le fait que les chansons aient été traduites en français mais cela permet une bonne compréhension de l’histoire par tous. L’adaptation de Nicolas Engel respecte bien la version originale et on notera la présence de surtitres des deux côtés de la scène diffusant les paroles de la première mouture de Broadway. On garde en mémoire le sulfureux « Tango des taulardes », l’émouvant « Monsieur Cellophane » ou encore le nostalgique « Classe », sans oublier les incontournables « Faut qu’ça jazz », « Roxie » ou « De nos jours ».

 

« Chicago » est un classique du musical dans la tradition de Broadway, avec un casting et une mise en scène « scandaleusement chic »  comme le dit l’affiche. A voir !

 

Jusqu’au 30.06.2019

Du mardi au samedi à 20h. Matinées le samedi et le dimanche à 16h

Au Théâtre Mogador, 25 rue de Mogador, 75009 PARIS

http://www.chicagolemusical.com/

Tarif plein : de 29€ à 99€

Durée : 2h00 (+ entracte)

 

Article : Audrey

29/09/2018

audrey@laruedubac.fr