Misery

 

 

théâtre, Paris, Misery

Un auteur à succès recueilli après un accident de voiture par sa fan numéro un… Cela pourrait être le début d’une belle comédie romantique mais ce n’est pas à cela que vous devez vous attendre en allant voir « Misery » au Théâtre Hébertot. En effet, si Annie Wilkes (Myriam Boyer) paraît au premier abord aux petits soins pour son idole, Paul Sheldon (Francis Lombrail), on comprend vite que la situation tourne au cauchemar et qu’elle a décidé de le garder auprès d’elle de force afin qu’il lui écrive la suite des aventures de sa saga littéraire préférée.

 

Adapter le roman de Stephen King au théâtre après le succès du film de Rob Reiner est un sacré pari et pour cela il fallait des acteurs à la hauteur de la tension psychologiquement dramatique des personnages.

Myriam Boyer est magistrale dans son rôle. Elle capte le spectateur par sa folie, sa cruauté, sa violence intérieure et tous les démons qui la traversent. Elle incarne parfaitement le personnage d’Annie. On peut voir une actrice au sommet de son art, créant les frissons nécessaires à ce huis clos angoissant. On notera notamment la force de son regard.

A ses côtés, Francis Lombrail, habitué du Théâtre Hebertot (que nous avons pu applaudir dans « 12 hommes en colère » ou « Dépendances »), se montre très crédible en auteur à succès qui souhaite changer de cap. On le sent à la merci d’Annie, comme torturé entre la reconnaissance pour celle qui lui a sauvé la vie et la méfiance face à la femme qui a installé un autel à son image chez elle.

Le duo fonctionne parfaitement et on sent un bel échange entre les deux acteurs.

 

La mise en scène de David Benoin comporte quelques belles trouvailles comme les projections symbolisant les cauchemars de Paul ou les caméras cachées dans le décor qui nous permettent de suivre Paul dans ses courts déplacements dans l’appartement à la manière d’une vidéo-surveillance. Le spectateur entre ainsi dans la peau de Paul, comme s’il était lui aussi pris au piège en sa compagnie. Cela apporte un point de vue intéressant à la lecture de cette pièce. On regrettera cependant la multiplication des coupures pour figurer le temps qui passe qui ralentissent un peu l’action et sortent le spectateur de son emprise psychologique.

 

« Misery » vous plongera dans une ambiance angoissante et vous permettra de redécouvrir deux acteurs extraordinaires.

 

Jusqu’au 6 janvier 2019

Du mardi au samedi à 21h et le dimanche à 15h

Au Théâtre Hébertot, 78 bis boulevard des Batignolles, 75017 PARIS

https://theatrehebertot.com/misery/

Tarif plein : de 15€ à 55€

Durée : 1h30

 

Article : Audrey

29/09/2018

audrey@laruedubac.fr