Oscar et la Dame Rose

 

On connaît le roman d’Eric-Emmanuel Schmidt, le film avec Michèle Laroque ou encore la pièce avec Annie Duperey. « Oscar et la Dame rose » est un best seller des années 2000 : l’histoire d’un jeune garçon de 10 ans, hospitalisé pour un cancer qui va vivre ses derniers jours de façon plus sereine grâce à celle qu’il surnomme « Mamie Rose ».

 

Après un succès en Avignon pendant deux ans consécutifs, un passage à Hong Kong, auréolé par la critique et plébiscité par l’auteur lui-même, c’est à la Comédie Bastille que cette adaptation s’est installée pour 60 dates. Une adaptation particulière puisque, pour la première fois, on entre dans la peau d’Oscar.

 

Le rideau s’ouvre sur une chambre d’hôpital jonchée de jouets et de peluches par ci par là. Un lit immense trône à notre gauche, une chaise aux mêmes dimensions à notre droite. Sur le lit apparaît Oscar (Pierre Matras) comme perdu dans cet espace trop grand pour lui. Le crâne rasé, un regard enfantin plein d’espoir et un sourire rempli de la douce insouciance d’un gamin qui n’a pas encore bien compris ce qu’il fait là. Le décor est planté et on entre dans l’histoire dès les premières secondes. Tout a été créé pour qu’on puisse croire en ce récit dans la mise en scène de Lucie Muratet. L’acteur évolue sur le plateau comme le ferait un enfant, en fonction des émotions qui le traversent, accompagné parfois de jeux sur l’intensité de la lumière ou la présence de musique, ce qui ajoute à la tension dramatique déjà bien installée.

 

Le travail de Pierre Matras est remarquable. Pour reprendre les mots d’Eric-Emmanuel Schmidt, « il ne « joue » pas l’enfant, il est l’enfant ». Tout, dans sa gestuelle, ses mimiques, ses expressions, tout est au service du texte. Il donne vie à ce gamin au moment même où celui-ci la perd… On se prend à ses habitudes, à son caractère, à ses « P.S. » en fin de lettres. Mais, Pierre Matras ne se contente pas cela. Dans ce seul en scène, il assure également tous les autres rôles. Adaptant sa voix à chacun des personnages, il nous les rend plus vrais que nature. On s’émeut devant Peggy Blue, on est séduit par Sandrine, on s’amuse avec Popcorn, Bacon ou Einstein, on aime Mamie Rose… Cette prouesse apporte un rythme incroyable à la pièce qui ne subit aucun ralentissement.

 

A la manière d’Oscar qui va vivre en dix jours l’ensemble de sa vie, le spectateur passe à travers toutes les palettes d’émotions possibles. On voit défiler sous nos yeux en moins d’1h30 les différentes étapes d’une existence, avec ses joies, ses peines, ses défis, ses découragements, ses colères, ses espoirs, ses résignations. Dans les yeux de cet enfant, c’est nous-mêmes que nous voyons. L’émotion qui passe entre l’acteur et le spectateur est si forte qu’il nous aura fallu une bonne quinzaine de minutes pour sortir complètement de la pièce, une fois le rideau fermé.

 

« Oscar et la Dame rose » est une pièce magnifique, émouvante, bouleversante, interprétée par un comédien exceptionnel. Un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte. Une seule recommandation : prévoir le paquet de mouchoirs !

 

Jusqu’au 06.01.2019

Le jeudi 21h, le vendredi à 19h, le samedi et dimanche à 17h

Comedie Bastille, 5, rue Nicolas Appert, 75011 Paris

http://www.comedie-bastille.com/appert/product.php?id_product=133

Tarif plein : de 10€ à 15€

Durée : 1h25

 

Article : Audrey

02/10/2018

audrey@laruedubac.fr